Les jeunes participants du programme leadership sont invités à rédiger des textes sur diverses thématiques qui les touchent comme l’intimidation, le sentiment de rejet, l’estime de soi, la communication et l’expression de soir, le suicide, la dépression, la vie familiale, l’éducation, l’emploi, les médias, etc. La rédaction de ces textes donne la chance aux jeunes de continuer leur travail d’introspection et d’accomplissement en dévoilant leurs œuvres avec la communauté.


“Être négatif ou positif ? Nous voyons tous les choses de différentes façons. Certains vont se concentrer sur ce qui est positif et d’autres vont s’attarder sur le négatif. Moi je crois qu’il est vraiment important de ne pas juste voir le négatif, car tout voir en noir, c’est difficile et je peux vous le dire par expérience. Vouloir tout lâcher, se renfermer, rester seule, se détester, se rabaisser, se voir comme la pire personne de toute la terre, croire qu’on n’est bon à rien, qu’on fait tout foirer… Nous sommes parfois si durs avec nous-mêmes, ce n’est pas évident et c’est déprimant. On ne peut pas avancer si l’on se rabaisse et si l’on croit qu’on est des moins de rien. Lorsqu’on vit dans le négatif, même si tout va bien, il est facile d’accumuler toutes les déceptions et les frustrations. Lorsque quelque chose nous dérange, il est parfois difficile d’en parler et de s’exprimer, alors on garde tout pour soi et on se renferme sur nous-mêmes. Lorsque quelqu’un nous dit quelque chose qui nous a blessé, on fait trop souvent comme si de rien n’était….Et à la fin on explose… Je vais vous parler de mon histoire…
Au début, j’étais une fille qui aimait beaucoup la vie. J’étais souriante, heureuse, j’aimais, j’aidais et j’écoutais tout le monde avec beaucoup d’attention… Mais je m’oubliais parfois trop souvent. Les gens autour de moi ne voyaient pas tout ce que je faisais pour eux et ne m’ont pas vue dépérir… En me laissant de côté et en ne pensant pas assez à moi, je me suis détruite peu à peu sans trop m’en rendre compte… Et j’ai retourné ma colère contre moi. À force de garder ma frustration à l’intérieur, celle-ci a pris de l’ampleur. Mais il est impossible de noyer une frustration à jamais. Un jour ou l’autre elle finira par sortir et par nous rattraper… Il y a des émotions que l’on ne peut pas toujours adresser aux autres, car ce n’est pas tout le monde qui arrive à nous entendre et nous comprendre. Certaines personnes expriment cette colère en criant, en frappant, en écrivant, en dessinant. Moi, j’ai laissé des marques sur mon corps. Lorsqu’on m’a fait remarquer que je n’allais pas bien et que je me laissais aller, j’ai pris conscience de l’ampleur de ce qui se passait. J’ai cru qu’il était trop tard pour me changer, que j’étais rendue trop loin et que j’étais comme ça, c’est tout. Mais il n’est jamais trop tard pour changer et cesser d’être si négative. Il est possible de se reprendre en mains, de cesser de toujours faire passer les autres avant soi et de prendre soin de la personne que l’on est. Maintenant, je te demande de réfléchir, je veux le meilleur pour tout le monde, mais il est important d’abord et avant tout de vouloir le meilleur pour soi. Alors dites-vous que vous méritez tous d’être heureux, que vous en valez la peine et que vous êtes importants. Toi qui me lis, pense à tout ça. Tu es beau, tu es belle… Et si jamais ce message ne te concerne pas et que tu ne te sens pas visé(e), tant mieux, mais si tu as pensé à quelqu’un qui peut se sentir visé par ce message, fait passer le mot…”
Anonyme, 17 ans, programme leadership après-l’école 2014


“Les limites personnelles correspondent, selon moi, à la liberté que l’on se donne. Au droit d’être qui l’on est, au droit de dire non, de se respecter et de s’assumer, sans nécessairement blesser et brimer les autres. Mais est-ce que nos limites personnelles sont influencées par les autres et par ce qu’ils pensent ou seulement influencées par nous et par nos valeurs ? Est-ce que l’on apprend à mettre nos limites en fonction de ce que les autres nous enseignent ou sont-elles teintées de nos propres expériences ? Prendre une décision et s’assumer sont des choses difficiles, car l’on veut d’abord tenir compte de notre propre image, de nos valeurs, mais aussi de celles des autres et de l’image que les autres ont de nous… On s’y perd souvent…
En ce qui me concerne, c’est un tiraillement constant. Je me demande souvent si je suis assez bonne pour me diriger vers ce que je veux vraiment ou si je dois me replier sur moi-même et faire ce que les autres me disent de faire. Il y a deux semaines, j’ai pris une décision irréversible… J’étais face à un mur et je n’avais plus de porte de sortie. Dans cette situation, on a m’a donné un autre choix qui n’était pas réaliste. Donc, j’ai dû bouger mes limites personnelles pour prendre une décision qui ne me convenait peut-être pas tout à fait. Mais une partie de moi a envie de croire que cette décision, qui a déstabilisé mes limites personnelles, me fera grandir. Le conseil que je veux vous laisser, c’est de ne pas avoir peur de l’inconnu, de prendre des décisions qui ne sont pas toujours les meilleures au premier regard, mais qui, plus tard, peuvent vous faire accomplir des grandes choses.”
Anonyme, 18 ans, programme leadership après-l’école 2014


“Je ne suis pas très technique dans mes propos, plus poétique, mais ça ne change pas le fait que ça reste vrai… Je sens que ma tête est un immense hôtel. Grand, merveilleux, somptueux au meilleur de sa structure physique, tout comme idéologique. Mais immensément seul. Je déambule dans les couloirs de cet hôtel où chacune des chambres représente un souvenir ou une émotion réprimée, étouffée. La fatigue prend son poids sur moi, j’aimerais ouvrir une de ces chambres pour pouvoir m’y reposer. Malheureusement, la peur d’affronter un souvenir me pousse à déambuler encore dans les couloirs de cet hôtel où chaque pièce est une partie de moi-même. La cuisine représente un lieu familier; tantôt calme, tantôt énergétique, qui me laisse respirer. Bref, un endroit où me reposer. La réception, elle est à l’endroit où toutes mes pensées se trouvent; propos et émotions entrent et sortent. Seules les émotions douloureuses louent une chambre, les autres quittent; entrent et sortent au rythme de ce que je vis. Au plus haut de cet hôtel, dans la plus belle pièce, se trouvent mes rêves, mes espoirs et règne mon imagination. Mon cœur est aussi dans une chambre qui cohabite avec des douleurs. Je suis seul dans l’hôtel de ma personne. Quand je suis à la réception à travers les grandes portes vitrées, mes yeux, je peux voir les personnes passer et le paysage changer. Quelques personnes s’arrêtent pour me faire un sourire, certaines me saluent et d’autres passent sans rien dire. Seules quelques personnes s’approchent des portes. Avec le temps, peu à peu, moi-même je m’approche de celles-ci. Éventuellement, je vais les ouvrir à certaines personnes pour leur montrer les mille et une merveilles de mon hôtel. Il y a toutefois une autre raison, plus simple, moins somptueuse, pour laquelle je veux laisser quelqu’un m’accompagner dans mon hôtel, c’est la crainte. La crainte que je ressens d’ouvrir seul ces portes de chambres. La crainte de perdre la tête, le besoin d’être accompagné pour ne pas tomber dans un couloir et sombrer dans le désespoir, la fatigue. Je veux que quelqu’un… non, plutôt j’ai BESOIN que quelqu’un sache que je suis là et que je vis ça.”
Anonyme, 20 ans, programme leadership après-l’école 2014


“Depuis peu, l’intimidation est l’un des sujets les plus discutés. On plaint toujours les victimes en oubliant que les intimidateurs le sont eux aussi. Selon moi, l’intimidation a deux côtés. En effet, une personne qui intimide ne le fait pas dans le simple but de faire du mal à une autre. Au contraire, cela vient souvent de problèmes familiaux, de confiance en soi ou du fait d’avoir vécu l’expérience qu’est l’intimidation, en étant victime. Se remonter en rabaissant les autres, se sentir plus important, avoir l’air effrayant, tel est leur train-train quotidien. Ils font tout cela dans l’espoir de se sentir un peu mieux en infligeant leur peine à autrui. Peu importe, la situation dans les deux cas est assez difficile à vivre et je peux le confirmer, car j’ai déjà fait partie des deux clans. Lorsque j’étais au primaire, je me suis souvent fait insulter et niaiser sur mon poids, car j’étais au-dessus de la norme. Cela a duré de la première à la cinquième année, le moment où j’ai gagné de la confiance en moi. J’ai alors changé de partie et suis devenue une intimidatrice. Insulter, dénigrer, rabaisser faisaient partie de mon quotidien. Heureusement, je me suis rendue compte que c’était vraiment mal. Pourquoi faire vivre aux autres toute la misère que j’avais vécue moi-même auparavant? La violence n’est pas la solution. Il faut plutôt aller chercher l’aide requise, même si ça peut vraiment faire mal à l’orgueil. Et surtout, si vous êtes témoins, ne restez pas invisibles. Réagissez, offrez votre aide et surtout, ne sortez pas vos cellulaires pour filmer le tout!”
Anonyme, 17 ans, programme leadership après-l ’école 2014


“Tout d’abord, les médias servent à véhiculer de l’information. Mais est-ce que ces informations sont diffusées comme elles le devraient ? Les médias servent à qui ? Pour qui ? Je crois que de nos jours, les médias sont mal utilisés. Puisque l’économie règne, la roue médiatique sert à vendre en premier lieu, divertir en second puis à véhiculer de l’information en dernier lieu. L’oppression est partout et elle se retrouve sous plusieurs formes. Je trouve par contre que l’oppression médiatique est un peu différente. Je crois que les médias oppressent tout d’abord l’intellect en diffusant des contenus majoritairement abrutissants où le placement de produits prônera. Ici je parle de la télé-réalité, d’émissions où la stupidité prend le dessus. L’oppression se fait aussi sentir dans les journaux là où les articles d’actualité et la politique se font plus petits. En politique, cette oppression médiatique est tout aussi présente. Vous me direz que des publicités ont été diffusées pour les élections municipales, mais, cette publicité disait de voter, d’avoir une opinion, mais elle ne disait pas de s’informer.”
Anonyme, 17 ans, programme leadership après-l’école 2014


“Pourquoi souffrons-nous de ce problème ? Quelque chose comme être né avec une face, une certaine couleur de cheveux, un certain poids, il n’y a rien de plus naturel. C’est sûr qu’on voudrait peut-être changer notre apparence pour mieux nous plaire, car peut-être que le corps humain demeure incomplet et insatisfaisant à nos propres yeux. On se fait donc percer, tatouer teindre les cheveux, modifier chirurgicalement. Mais faisons-nous cela pour nous-mêmes ou pour mieux paraître aux autres membres de la société autour de nous ? Qu’est-ce que la beauté ? Une image imposée sur notre cerveau naissant. Moi, je veux me trouver belle quand je me regarde dans le miroir. Je veux avoir l’air de me foutre des opinions des autres. Mes standards, tes standards, leurs standards… Lequels satisfaire ? Je suis belle, je suis cool, j’en vaux la peine.”
Anonyme, 17 ans, programme leadership après-l’école 2014


“Je m’appelle Alexy. Ce nom ne vous dit pas grand-chose. Pour moi non plus, chaque jour je suis en questionnement. Je me questionne sur ce que je vais faire et ce que je vais dire. Je suis sensible, mais difficile à atteindre, je réfléchis beaucoup, mais n’agis pas assez. Je suis souvent triste, mais je dégage beaucoup de joie. La musique et la danse m’aident beaucoup à me retrouver. Les gens m’apprécient beaucoup, je crois, mais ma confiance est dure à gagner. Je cache souvent ce que je fais, non par honte, mais parce que j’aime être mystérieux. Souvent, je dis les mots qui touchent, mais des fois, je ne sais plus ce que je veux exprimer, ma colère ou la colère, ma joie ou la joie. Ma vie est comme un chemin qu’on emprunte qui nous fait vivre plein de nouvelles expériences, mais souvent on quitte ce chemin et il devient seul. Je suis empathique, mais égocentrique, j’essaie de prouver aux gens que je suis une bonne personne, mais j’ai de la misère à croire que je le suis. Je suis souvent péjoratif, mais je finis toujours par être mélioratif. Et je crois que c’est ma force, je ne renonce jamais. J’ai beaucoup à raconter, mais encore plus à vivre.”
Alexy, 20 ans, programme leadership après-l’école 2014


“C’est toujours dur lorsqu’après un beau rêve, on doit se réveiller et revenir dans la vie quotidienne. C’est encore pire lorsqu’on pense à ses rêves qu’on voulait accomplir il y a 4, 5, 10 ans et qu’on se retrouve loin de ce chemin. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles on décide de garder ces rêves dans des boîtes au fond de l’armoire. Ça peut être à cause d’un problème physique, parce qu’on n’a pas eu le courage d’aller décrocher nos rêves ou encore à cause d’un changement extrême dans nos vies ou simplement parce qu’on s’est laissé emporter par la routine. Il y a quelques années, je voulais jouer au soccer de façon professionnelle. Je m’affrontais à des personnes plus âgées que moi, j’ai gagné plusieurs tournois, mais je n’ai jamais cru que j’allais un jour atteindre le niveau requis pour devenir un pro. Aujourd’hui je vis avec des blessures aux genoux et jusqu’à maintenant, je n’arrive pas à atteindre mon niveau du passé. J’ai décidé de me conformer à des tournois récréatifs. La tristesse qui m’habite de me rendre compte que mes rêves se sont évanouis a envahi mon esprit, me demandant chaque nuit où est-ce que je me suis trompé…”
Anonyme, 20 ans, programme leadership après-l’école 2014


“Tu te lèves, tu penses à cette dure journée qui s’amène. Les autres élèves vont te discriminer. Peut-être parce que tu seras trop gros, trop maigre, trop laid, trop tout, tu ne sais pas. Ce que tu sais, c’est que si les autres le pensent, tu le penseras aussi. Moi, je crois que tu ne devrais pas les écouter. Écoute-toi, toi et personne d’autre. Les autres t’implantes des idées qui ne sont pas les tiennent et ni même les leurs. D’ailleurs, de qui sont-elles ces idées, ces standards? Pourquoi est-ce que le mot normal contient aussi les mots beauté, popularité, muscles et formes? Normal est un mot simple, que chacun devrait modeler à sa manière. Alors ne laisse pas les autres déterminer qui tu es ou qui tu devrais être. Toi, c’est toi, eux, c’est eux et moi, c’est moi.”
Anonyme, 17 ans, programme leadership après-l ’école 2014